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UNBUILT / BIBLIOTHÈQUE DE CHARLESBOURG Double G Invité à la phase 2 Montréal,Québec
L’implantation de la bibliothèque de Charlesbourg est dictée par l’histoire et le développement du Trais-Carré, l’emprise des bâtiments, les liens et le tracé des rues, et ensuite la topographie immédiate du site. L’échelle du secteur et du bâti existant dans l’îlot commande également le geste à poser. Toute la construction de l’îlot est unifiée, est composée comme un ensemble, comme un domaine. Il apparaissait important de hiérarchiser les espaces, les bâtiments, les parcours et les perspectives de façon à proposer une nouvelle lecture à tout ce secteur. D’un parvis public, à un plaine plantée d’arbres colonnaires, toutes les parties du site participent à créer un environnement agréable et à la mise en valeur de l’ensemble et à une ou l’autre des parties. Le projet de la bibliothèque est implanté en plein cœur du lot, et côtoie des édifices chargés d’histoire. Il vient consolider une cour, marquer un paysage et enrichir un complexe culturel. La nouvelle bibliothèque de Charlesbourg sera découverte de plusieurs points de vue, de plusieurs perspectives, il offrira à son tour une toute nouvelle perspective de vue sur ce site puisqu’il permet, de l’intérieur, d’observer l’environnement et le bâti environnant. Le projet cherche ainsi à proposer un nouvel ordre urbain, culturel et occupationnel. En termes d’implantation de paysage, le projet s’inscrit dans la logique d’implantation du parcellaire de Charlesbourg. Il vient raffermir les structures orthogonales et radiales qui se rencontrent au cœur du trait carré et que vient appuyer la nouvelle construction. L’orientation des volumes du nouvel ensemble construit que constituent la bibliothèque et ses aménagements extérieurs se présente sous la forme d’une équerre qui articule des parcours intérieurs et extérieurs dans la continuité du tissu urbain. Les lignes directrices de l’aménagement sont orthogonales du côté de la façade de la bibliothèque et radiales vers l’arrière. L’aménagement ainsi structuré agit à la fois comme un cadre pour l’architecture et comme une extension de cette dernière. L’espace public, dans son ensemble, est mis en forme de façon à recevoir une programmation diversifiée permettant d’importants rassemblements et une variété d’évènements. À l’échelle urbaine, ce geste définit un important volume végétal dans l’un des coins du trait carré, affirmant ainsi ce dernier. Des peupliers, des érables et des frênes combinés avec des zones gazonnées ou plantées de graminées, créent donc des lignes vertes qui évoquent les anciens pâturages. Ce filtre accueillera les piétons du quartier se dirigeant vers le noyau culturel, tout en leur offrant un fragment de paysage stimulant l’imaginaire. Une terrasse, attachée au bâtiment, frôle ce fragment de paysage et des stationnements se glissent entre les obliques végétales du parc, participant, de cette façon, à la définition de la structure du lieu. Dans la continuité du plan de consolidation du trait carré, une zone ouverte est prévue, dégageant les points de vue sur les bâtiments, soit la bibliothèque, la nouvelle construction et l’église existante. Ce parti permet de mettre en valeur l’église comme un pilier de l’ancien noyau villageois. La zone ouverte contient des axes de circulation orthogonaux, un parvis de brique et de gazon, vis-à-vis de la bibliothèque, un débarcadère ainsi qu’une série des massifs arbustifs et floraux. Le passé agricole du lieu, le contraste créé avec les bâtiments ainsi que la quantité d’espaces verts du secteur, permettant de créer un véritable réseau vert dans l’arrondissement, sont à l’origine de l’importance accordée aux végétaux dans l’aménagement. Ceux-ci procurent des promenades stimulant les sens des visiteurs. La floraison des plantes dans cet espace est à dominance blanche, à l’exception des plantations situées dans la poursuite du parvis dont les teintes rappellent plutôt celles de la brique. Véritable filtre blanc, ce jardin met en valeur la brique des constructions adjacentes et enveloppe le cœur du lieu qui ainsi s’ouvre aux façades qui le cernent et, sous la forme de terrasses, d’accès ou de fenestration, dialoguent avec lui. PARTI ARCHITECTURAL ET FONCTIONNEL L’implantation en mitoyenneté avec l’ancien bâtiment impose un lien d’échelle et de vocabulaire architectural tout en étant harmonieux il se doit d’être distinctif. La proposition n’interfère pas ainsi à la lecture du site, la continuité des fonctions et la compréhension du bâti patrimonial. Notre intention est de contribuer à la mise en valeur du patrimoine tout en participant à l’actualisation et l’enrichissement du site. Une œuvre et un vocabulaire résolument contemporains adhérent aux lignes directrices de l’environnement. L’agrandissement composé par une intervention en partie souterraine, favorise ainsi une intervention adaptée et en harmonie avec l’existant. Cette nouvelle construction, qui correspond à plus du deux tiers de l’existant, prend son emprise sous le vieux bâtiment, l’enveloppe sur deux faces, mais laisse en élévation un dégagement assez important afin de permettre un grande distinction et autonomie à chacune des parties. La volumétrie de la nouvelle construction présente cette hiérarchie et suggère cette impression de densité et de concision. À chacun des étages, le volume se resserre et se découpe en dégageant, au fur et à mesure, l’ouverture sur l’entrée. Composée en une structure monolithe, l’agrandissement se joint par son entrée. Un long parcours, traversant un parvis et longeant des salles de lecture, se bute à un noyau faisant office d’entrée et de trait d’union entre les deux corps de bâtiment. Ce passage dirigeant le visiteur à l’entrée de la bibliothèque, longe la nouvelle structure et propose une vue impressionnante sur l’ancien bâtiment. De larges ouvertures sont opérées dans cette façade, et sont doublées d’immenses tubes de verre sérigraphiés, faisant office de filtre, permettant de voir l’animation des salles de lecture tout en conservant l’intimité des usagers. Ces colonnades ponctuent la promenade et animent l’espace intérieur, par des jeux de la lumière naturelle ou artificielle. Un parcours architectural riche et varié Le bâtiment est conçu afin de bénéficier de façon optimale de la lumière et des vues extérieures. Ainsi, dans chacune des pièces, le visiteur profite d’une perspective sur le paysage et, est en mesure de s’orienter dans le bâtiment, par une reconnaissance des lieux et de leur situation dans l’espace. Aucune salle n’est négligée, nous proposons ainsi que tous les espaces de lecture puissent présenter aux visiteurs des appréciations du paysage et de la lumière par son orientation et par la configuration même des ouvertures. Un lieu de rassemblement a été planifié, une « aire publique », entre la nouvelle construction et l’ancienne bibliothèque. Côté jardin, les volumes sont découpés et ses retraits intensifient les effets lumineux et les articulations de l’espace. L’entrée principale est clairement définie par sa forme et sa matérialité en donnant sur la place publique. Lu comme un signal invitant, le seuil, le « parvis », annonce sans équivoque l’ouverture et la convocation. Pour offrir la qualité des contacts entre le personnel et les usagers ainsi que faciliter le contrôle de l’ensemble de la bibliothèque, le comptoir de prêt sera situé au niveau de l’entrée principale dans cette zone centrale et stratégiquement bien définie. Dans la distribution et le traitement des espaces, nous avions le souci de rendre un caractère distinctif et singulier proche à l’utilisateur. Ainsi, pour la salle de lecture jeunesse, la hauteur de l’espace est traitée afin de proposer un rapprochement à l’échelle de l’enfant, pour la salle de référence, c’est par un traitement des ouvertures au plafond que l’espace est caractérisé et que sa situation est mise en valeur. Dans la sélection des matériaux extérieurs, le lien entre la structure existante et la nouvelle construction est présent. Nous usons d’un dialogue sensible entre les bâtiments et les matières. Le zinc et la brique, des matériaux déjà présents sur le site, sont réutilisés ici, dans une stratégie nouvelle, mais signifiante. Le visiteur est donc investi d’une traduction et d’une utilisation des matériaux à la fois ludique dans sa fonction, et fière dans l’appareillage. La façade du vieux bâtiment est transposée au sol en aplat, les grandes lignes de force sont soulignées et les ouvertures marquées par des puits de lumière, permettant une interprétation de cette typologie et composition architecturale, et de l’intérieur de pouvoir faire découvrir la façade patrimoniale. Le zinc, appliqué comme revêtement extérieur de l’agrandissement permet de profiter d’un effet élégant, solide, poli et glacé s’apparentant de loin à l’appareillage de la pierre, et de près au lustre et à la simplicité du métal. Certains éléments du projet s’inscrivent dans une recherche de développement durable. Ainsi, en plus de réduire la quantité de ressources investies dans le projet en minimisant l’étalement de la construction neuve, nous nous préoccupons de la qualité, la longévité et la capacité des matériaux utilisés et du bâtiment. Au niveau de la conception du bâtiment, nous visons à intégrer des critères plus élevés de rendement énergétique, à avoir recours à des sources d’énergie renouvelables et non polluantes, incorporer une ventilation partiellement naturelle et à intégrer des appareils utilisant peu d’eau. Nous voulons faire de la longévité un facteur explicite dans la démarche de conception de l’immeuble. La planification intérieure profite de la lumière naturelle et offre un accès visuel sur l’extérieur, élément important dans la gestion du développement durable. L’organisation intérieure est planifiée pour maximiser l’éclairage naturel de façon à réfléchir le plus possible la lumière tout en évitant les inconvénients de l’ensoleillement. Le défi de la bibliothèque de Charlesbourg se présente comme la constitution d’un ensemble, pour offrir un tout cohérent, en cherchant un rapport d’harmonie entre le paysage et l’architecture. La configuration, l’implantation et le vocabulaire proposés pour l’agrandissement de la bibliothèque tentent de résoudre ces enjeux tout en offrant une construction élégante et autonome. Ainsi aménagé, le paysage devient l’outil d’intégration et de mise en scène. La topographie existante, présentant des dénivellations importantes, est conservée, laissant ainsi une impression d’un ancien pâturage ou d’un jardin faisant partie de la richesse du secteur, mais permettant également d’offrir des perspectives mettant en scène les constructions.
Crédits ARCHITECTURE Double G |
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