PRIX DE ROME 1998

L'ATELIER BIG CITY
Cormier Cohen Davies, architectes.

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DOSSIER SPÉCIAL

L’atelier BIG CITY s’est formée en 1987 à l’occasion du concours Chaussegros-de-Léry. Ce nom traduit notre intérêt pour la ville dans toutes ses manifestations et le slogan dont nous nous sommes doté «Make architecture a public policy» souligne notre intérêt pour la dimension publique de l'architecture.

Nous sommes tous actifs aux plans de la recherche et de l’enseignement, et collaborons régulièrement avec d’autres architectes, architectes de paysage et groupes communautaires. Plusieurs prix et publications ainsi que de nombreuses invitations à présenter nos projets et à les exposer témoignent de la reconnaissance de notre contribution au dynamisme de l'architecture québécoise.

Le concours constitue le véhicule principal
de notre production. Il nous a permis de travailler à des commandes autrement inaccessibles. De plus, les concours mettent en relief le travail de conception et lorsqu’ils sont diffusés alimentent les trop rares discussions publiques sur l’architecture.

Notre travail combine la recherche de thèmes pertinents et percutants à l’usage inventif de matériaux et d’assemblages. Les projets sont structurés selon une forte approche conceptuelle fondée sur l’interprétation du programme et du site. La notion d’espace public et l’importance de la «promenade architecturale», qui révèle les rapports que les éléments programmatiques entretiennent entre eux et ceux qu’ils établissent avec leur environnement, sont au coeur de nos préoccupations. Chaque projet est l’occasion de créer un milieu de vie stimulant et sensuel par le biais de moyens simples qui sont: couleur, volume, matériaux et structure.

Un collectif
pour le Prix de Rome

L’idée de l’atelier
(l’énergie qu’il génère, la diversité des points de vue) est à l’origine de la formation du groupe. L’atelier est aussi une forme de critique de la traditionnelle notion d’auteur. Dans d’autres disciplines, la légitimité du travail de collectifs est reconnue, celle de General Idea n’a, par exemple, pas été mise en doute. Par ailleurs, les travaux de l’Atelier Big City sont reconnus, ont déjà été primés et exposés.

Nous croyons que notre travail est celui d’un groupe actif, et que son développement profite d’échanges, de discussions: l’équipe est l’auteur. Nous présentons notre candidature pour l’obtention du Prix de Rome avec l’intention de poursuivre ce type de travail. Nous croyons que l’attribution du prix à un groupe n’est pas seulement légitime mais qu’elle pourrait contribuer à redéfinir le Prix de Rome et à faire évoluer son rôle au sein de la communauté architecturale.

Faire le plein

Après dix années de projets, ponctuées d’enseignement, de recherche, de publication et de diverses autres implications, le Prix de Rome nous donnerait le temps de faire le point dans un autre contexte. À Rome et à partir de Rome, mais toujours en lien avec Montréal, nous voulons développer notre travail, l’enrichir, étendre notre champs d’action et établir de nouveaux liens avec l’Europe. Des expériences passées (étude et enseignement) à l’étranger ont eu un impact positif sur notre façon d’aborder l’architecture.

Nous proposons donc d’occuper concurremment et individuellement l’atelier de Rome. Nous voulons nous impliquer au niveau de l’enseignement, mais sutout participer à des concours et projets et aborder la pratique de l’architecture dans un contexte européen.

Un projet en cours

Le potentiel qu’offre la structure de notre atelier permet d’envisager une nouvelle façon d’aborder le Prix de Rome: La présence simultanée et continue d’un projet en cours à Rome et à Montréal; la disponibilité du travail en cours (la communication d’une ville à l’autre force la présentation continue du travail que ce soit sous forme d’échanges numériques ou autres et peut alimenter d’autres formes de communication, articles, discussions, expositions). Le Prix de Rome peut être envisagé sous la forme d’un «work in progress», un dialogue flexible présenté à divers moments du projet.

‘Village global’

L’idée d’exploiter ou d’éprouver les limites du village global devient alors un sous-texte de la proposition: le dialogue et la distance articulent une nouvelle expérience du Prix de Rome.

Une mission culturelle

Outre, l’échange Rome-Montréal qui re-situerait le travail de l’atelier, une présence outre-Atlantique nous permettrait de prendre part directement aux activités de la scène architecturale européenne et cela à deux niveaux, soit par le biais de participations à des colloques, conférences, jurys et autres et par l’élaboration de projets de concours locaux ou internationaux. Le Prix de Rome serait donc une mission culturelle ne relevant pas du seul ressourcement académique, mais bien davantage d’une certaine agressivité culturelle et économique envers le contexte italien et européen: un projet.

Le Prix de Rome serait donc, pour nous, un évènement multiple, l’occasion de faire le point sur notre travail et de développer de nouveaux outils, de tester nos moyens d’action et notre rôle social, d’éprouver l’élasticité de la structure de l’atelier (celle d’un atelier virtuel) et, surtout, l’occasion de continuer à élaborer des projets dans un nouveau contexte: le projet est le mode d’expression que nous privilégions, le concours en est le principal véhicule.

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Jean
Beaudoin